mercredi 25 janvier 2012

Est ce une crise? ou est ce une crise? L'harmonie et le choc des idées!


Un peu de couleur pour égayer la "crise"
Vue du "Colorado" provençal
Depuis quelques semaines j'ai découvert le blog de Robert Branche, Les mers de l'incertitude, diriger en lâchant prise qui partant d'un point de départ qui était le "management face à l'incertitude" a élargi sa sphère de réflexion et traite maintenant  de divers sujets fort intéressants.
Je voudrais attirer votre attention sur une série de 4 sujets qui traitent de la "crise" ou plutôt de la transformation due à la convergence des économies dans un environnement mondialisé.
Ces 4 articles ont provoqué une grande résonance en moi car contenu et orientation générale sont très proches de ce que j'ai essayé d'exprimer dans mon billet verre moitié plein ou moitié vide.

Dans son premier article (la-crise-nest-pas-nee-en-2008), Robert Branche nous fait part de son analyse qui est que ce que nous appelons la crise est en fait un phénomène qui a démarré il y a plus de 20 ans. Nous avons profité ces 20 dernières années d'une accélération des échanges commerciaux - communément appelé mondialisation - qui nous a permis de profiter d'une main d'œuvre à bon marché s'appuyant sur des technologies pour la plupart importées.

Les économies émergentes ont commencé à se développer, à maîtriser leur propre technologie, à consommer plus, à augmenter leur niveau de vie,...dans ce que Robert Branche appelle la convergence des économies.
Je reprends la conclusion de ce premier article :
"Aussi faut-il tuer trois idées reçues :
  - La crise a commencé en 2008 : non, car elle est l’expression de la convergence amorcée, il y a vingt ans.
  - La crise est derrière nous : non, car la convergence est seulement en cours, et elle va durer encore probablement une vingtaine d'années.
  - Le pire est passé : non, car, pour l’instant, nous avons pu protéger notre niveau de vie moyen, ce qui, vu notre niveau d'endettement, ne sera plus possible demain"

Le deuxième article (comment-faire-face-à-la-transformation) enfonce le clou, nous rappelle le principe de réalité et arrive à une conclusion - que certain pourront qualifier d'alarmiste - sur les conséquences de cette convergence pour notre niveau de vie.

Ici encore je cite ses conclusions :
"Doit-on baisser les bras et sombrer dans une morosité collective, en se contentant d’observer notre déclin collectif ? Certes, non, mais symétriquement, il ne sert à rien de nier le sens et la force du vent, et toute action doit partir d’un principe de réalité et de l’acceptation de ce qui est inévitable, à savoir que :
  - Il est illusoire de penser que nous allons pouvoir enrayer notre baisse de pouvoir d’achat collectif, car la vitesse de convergence est trop rapide pour pouvoir être comblée par la croissance.
  - Cette baisse va être rendue plus forte, car nous allons devoir rembourser les dettes privées et/ou publiques accumulées. Vu le niveau de l'écart actuel versus les pays en émergence et celui des endettements, je crois qu'il faut se préparer à une baisse de 50%.
  - Ce baisse va s’étaler sur les dix à vingt ans à venir, soit une baisse de 3 à 6% par an pendant la période"

Robert Branche, précise un point très important pour l'harmonie du monde. Cette baisse "programmée" du niveau de vie ne doit pas frapper uniformément tout le monde. Il faut épargner ceux pour qui ont déjà aujourd'hui une niveau de vie très bas et pour lesquels une baisse du niveau de vie n'est pas envisageable. Et par ailleurs, cibler les réductions sur les dépenses qui génèrent le moins de valeur pour la collectivité.
Donc, garder des aspects de justice sociale et d'harmonie, domaines auxquels je crois fortement.

Le troisième article (nous-neviterons-pas-la-baisse-de-notre-niveau de vie) réponds, entre autres, aux nombreux commentaires qu'ont suscités ses deux premiers articles, et en particulier, répondait à ceux qui étaient d'accord avec l'analyse mais ne pouvaient pas accepter ses conclusions...Et sa réponse rejoignait un des principes qui sous tend souvent mes actions "La vérité est dure mais c'est la vérité". Mieux vaut accepter la situation telle qu'elle est et y faire face que de la nier.
Et citant une des conclusions de son livre "les mers de l'incertitude" il concluait que
« Ceux qui vont réussir seront des paranoïaques optimistes : ils savent que le pire est possible, se sont préparés en conséquence et sont confiants de leur capacité à s’en sortir."

Et, même si ces analyses sont légèrement différentes par rapport à mon billet  (verre moitié plein ou moitié vide) nous nous rejoignons dans les préconisations.
Il faut bâtir comme si le pire allait arriver: cela ne peut que réserver de bonnes surprises pour ce que on a pu prévoir. Alors que l'approche opposée, elle, ne peut que réserver de mauvaises surprises.

Son quatrième article (peut-on-etre-elu-en-parlant-vrai), examine les aspects "politiques" d'une telle préconisation.
Peut-on vendre cette "vision" d'une baisse importante " du niveau de vie pour les 10 ou 20 ans à venir?

Si on croit l'analyse -et je la crois- on est obligé d'accepter les conclusions et donc la baisse prévisible du niveau de vie.

Elle se fera soit de force et suivant la loi de la jungle", soit organisée et contrôlée....
Robert Branche est un optimiste et son quatrième billet laisse entrevoir la possibilité d'intégrer de manière harmonieuse cette baisse prévisible du niveau de vie.
Je ne suis pas sur d'être aussi optimiste sur les capacités de l'être humain à détourner le cours de l'histoire mais "Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer" (Guillaume d'Orange).

Ce n'est pas un hasard si une de mes paraboles préférées est celle de la personne qui tombe du 50ème étage. Un cinéaste amateur le filme en train de tomber. Sur le film, on voit que dans sa chute, il n'arrête pas de parler. On fit donc appel à quelqu'un capable de lire sur les lèvres pour savoir quelles avaient pu être ses dernières paroles. "Jusque là tout va bien...Jusque là tout va bien....Jusque là tout va..SPLASH"

Sur cette image percutante, pour ne pas l'appeler choc, je vais vous laisser pour aujourd'hui. Je ne suis pas sur d'avoir contribué à vous remonter le moral mais comme disait le vieux sage, "le pire n'est jamais certain".  Ciao, bonsoir


2 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  2. Merci pour cet écho sur mes écrits et pour cette lecture pertinente de ma série d'articles sur cette transformation que nous vivons en ce moment, et qui est loin d'être terminée.
    Je suis peut-être un incorrigible optimiste, mais je reste persuadé que l'humanité vit actuellement le passage d'un état de "chenille" en celui d'un papillon, et que le futur sera beau et brillant.
    C'est ce qui doit nous aider à supporter la difficulté des moments présents.
    C'est aussi ce qui devrait guider davantage les candidats à l'élection présidentielle... même si cette élection n'est finalement qu'un temps dans un processus beaucoup plus vaste et plus long...

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