mercredi 9 novembre 2011

Des "crises" actuelles et de l'harmonie

Une fois n'est pas coutume, je me suis intéressé à la situation présente de notre économie et de ce qui est appelé la crise Européenne. Il faut dire que les péripéties et discussion sur la gestion de crise et comment en sortir, viennent "polluer" singulièrement les réflexions sur une société et un monde plus harmonieux.

Ces deux derniers mois j'ai du lire plus de 500 articles sur le sujet, écrits par des personnes de sensibilité et nationalités diverses et vous livre ci après la quintessence de ce que j'en ai retenu. Pourquoi n'aurais-je pas le droit d'exprimer mon opinion alors que tant de personnes le font?

Je commencerais par citer un article du blog blog de Parienty, alternatives-économiques qui je trouve explique très clairement le lien entre croissance, dettes, taux d'intérêt et hausse des prix, tous termes que l'on trouve à foison dans les médias ces temps ci. En résumé, même sans avoir été particulièrement irresponsable en matière de dépenses publiques, un pays peut se trouver en situation élevée d'endettement s'il n'y a pas assez de croissance (D'après l'article, l'Italie serait dans ce cas).

Si un pays à des dettes, il est extrêmement difficile de rembourser ne serait ce que les intérêts s'il n'y a pas de croissance ...ce qui accroît la méfiance des investisseurs...qui ne prêtent qu'en augmentant les taux d'intérêt ...ce qui accroît les intérêts (Premier cercle vicieux)

Une grande austérité, en période de faible croissance visant à créer un excédent budgétaire pour pouvoir payer les intérêts de la dette risque de se traduire par un ralentissement de la croissance ou même une récession...ce qui réduit les rentrées dans les caisses de l'état et peut rendre impossible l'excédent prévu ou même réduire les rentrées par rapport à la situation avant austérité (Deuxième cercle vicieux)

Dans un monde "idéal" les taux d'intérêt incorporent une prime de risque lié à la confiance que les investisseurs attribuent au pays emprunteur pour rembourser ses dettes. Les Credit Default Swap, CDS, crées originellement en tant qu'assurance pour ceux qui avaient une créance sur un pays ont été détournés de leur but originel et sont maintenant surtout utilisés comme outil spéculatif et ainsi, amplifient les variations de taux d'intérêts. Ce qui amplifie les difficultés des états qui ont des dettes et n'inspirent pas une confiance "totale" aux investisseurs (et pour reprendre une comparaison que j'ai lu dans la presse, ce serait comme si vous preniez une assurance sur la maison de votre voisin: n'éprouveriez vous pas une certaine tentation de mettre le feu à la maison pour toucher l'assurance?)

En conclusion de tout ces propos
  •  au moment où la croissance commence à ralentir, il est fortement souhaitable d'avoir un endettement minimum
  •  ce qui implique que quand il y a a croissance, il faut générer un excédent budgétaire pour réduire le taux d'endettement. Ce qui veut dire un accroissement du niveau de vie moins élevé que ce qu'il pourrait être en distribuant les fruits de la croissance
    C'est d'ailleurs ce qu'a fait l'Allemagne qui maintenant peut se permettre de réduire ses impôts. 
  • sur le long terme, les habitants d'un pays ne peuvent pas consommer plus qu'ils ne produisent. Cela doit entraîner, par exemple, que si les coûts des matières premières importés augmentent relativement aux autres produits, le niveau de vie moyen dans le pays doit baisser (la vérité est dure mais c'est la vérité!). Et si on veut rattraper le niveau de vie il faut augmenter la productivité. 
Et, si on n'a pas été vertueux dans le passé, qu'on a un taux d'endettement élevé quand la croissance faiblit et ne semble pas vouloir redémarrer, bref quand on se trouve dans la boue (pour rester poli) jusqu'au cou, que faut-il faire?
Je partage l'opinion exprimé dans le billet Charles Wyplosz sur TELOS: il faut emprunter pour relancer l'investissement et la croissance "vertueuse" à moyen terme. Une fois ce but atteint, il faut se préparer à 30 ans ? d'austérité pour rembourser les dettes. Et ce d'autant plus que je crois toujours qu'à un horizon de 30 ans, ou même avant, la croissance devra ralentir très fortement ou stagner vu les contraintes en disponibilité ou coûts des ressources naturelles (Voir billets précédent)

Et que m'ont appris mes lectures sur les aspects de gouvernance des pays Européens ou de la zone Euro?
  • il va de soi que tout ce qui peut augmenter la confiance (Fonds de solidarité Européen, pouvoir politique national fort et crédible, ...) ne peut que faciliter l'extraction de la boue quand on y baigne jusqu'au cou!
  • c'est un principe de base en économie: une situation ne peut être stable que si il y a des mécanismes régulateurs qui viennent compenser et réajuster les déséquilibres qui ont tendance à se former "naturellement". Avec une zone Euro, et donc une seule monnaie, les écarts de compétitivité ne peuvent plus être compensés "naturellement" par des variations du taux de change. L'équilibre pourrait se faire par une réduction du niveau de vie des pays les moins compétitifs...mais si ce n'est pas le cas alors on aboutit à la situation de la Grèce.
  • Si il y avait une gouvernance budgétaire Européenne, ces écarts de compétitivité seraient traités comme actuellement cela est fait à l'intérieur d'un pays. De manière "invisible" les régions les plus compétitive participent plus aux dépenses...Mais je ne pense pas que participer plus aux dépenses sera un choix fait par les pays les plus compétitifs actuellement en Europe.
  • En conclusion, je ne sais pas comment cela va finir exactement mais je parierais que l'Europe et la zone Euro vont être profondément modifiée dans les cinq prochaines années. Il y a d'ailleurs un article fort intéressant dans Le Monde du 8 novembre sur "Les plans B au banc d'essai pour la zone Euro"
Voila, ce sera tout pour aujourd'hui. Je vais continuer mes réflexions sur un monde plus harmonieux et pour aider à réflechir à ce monde plus harmonieux, je vous offre en tête de ce billet la photo d'un des Iris qui ont fleuri dans mon jardin au printemps dernier.
Ciao, bonsoir.

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