jeudi 7 avril 2011

De la dure vérité appliquée à la croissance et à l'harmonie

Toujours plus, toujours plus haut,...Est ce soutenable?
Ce billet est la suite du précédent De l'économie, de l'harmonie et de la dure vérité dans lequel je vous faisais partager mon opinion
  • de l'impossibilité pour nos sociétés évoluées de continuer à miser sur une forte croissance de production de biens physiques pour résoudre les problèmes d'emploi, de niveaux de vie, etc.
  • et en conséquence, la nécessité résultante pour les individus d'apprendre "à être heureux" sans avoir à recourir à l'hyperconsommation.
Depuis que j'ai commencé à m'intéresser au problème de la croissance, je m'aperçois qu'il y a des centaines d'article dédiés à ce sujet dans les divers média et j'en ai lu plusieurs dizaines. Voici extrêmement résumés, les principaux arguments qui justifient l'impossibilité d'une forte croissance continue de nos modes de vie actuelles et de notre consommations de biens physiques.

Pourquoi n'est-il pas possible d'imaginer une forte croissance continue de nos modes de vie actuels?
  • Pas assez de ressources pour 7 milliard d'humains qui auraient le mode de vie des sociétés évoluées actuelles (ni à plus forte raison pour les 9 milliards dans quelques décennies). Beaucoup de pays aspirent (légitimement) à accroître leur niveau de vie, voire simplement satisfaire les besoins vitaux minimum et nous savons déjà qu'il n'y a pas assez de ressources disponibles pour permettre à tous les habitants de la terre d'avoir le mode de vie des sociétés les plus évoluées actuellement. Il' n'y a tout simplement pas assez de ressources disponibles. En voici quelques exemples
    • pas assez d'énergies fossiles (même si les possibilités d'exploiter les gaz de schistes semblent repousser les limites de quelques décennies)
    • Pas assez d'eau disponible pour les cultures intensives de nourriture, ni pour les cultures de coton, ni pour celles des biocarburants
    • Pas assez de terres cultivables pour nourrir les animaux requis pour faire face à une consommation accrue de viande (et savez vous que pour produire 1 kg de poulet il faut 3 kg de végétaux alors que pour 1 kg de boeuf il en faut 7) 
    • Pas assez de terres rares pour les besoins de l'électronique, informatique et autres technologies modernes
    • etc,
  • Trop d'impact écologique, pollution, déchets, risques générée par l'ensemble des activités actuelles
Pourquoi est-il très difficile pour nos sociétés de mettre en place et même d'imaginer une société sans forte croissance des biens matériels?
  • Au niveau collectif : Les Trente glorieuses, de 1945 à 1973, ont laissé en Europe le souvenir d'un âge d'or quand chacun trouvait un emploi et avait la possibilité d'améliorer sa situation et que globalement la société en général était optimiste et n'avait pas peur du futur. Depuis nos sociétés sont "droguées à la croissance" et aspirent à retrouver une forte croissance qui devrait résoudre tous les problèmes d'emploi et de niveau de vie.
    Cette période de forte croissance était due essentiellement à des raisons conjoncturelles de convergence du niveau de vie de l'Europe avec celui des USA (En 1945, le niveau de vie en Europe n'était que 30% de celui des USA et 30 ans plus tard il était à peu près de 70%) et il est improbable que ces fortes croissances puissent se reproduire. . .
  • La "mondialisation" et les intenses échanges économiques entre pays, et la "légitime" poursuite des gains de productivité par les entreprises se traduisent par des suppressions d'emplois dans de nombreux domaines. Le rôle traditionnel de la croissance, combiné à la réduction du temps de travail, est de compenser ces pertes d'emploi. Si il y a moins de croissance, il faut déployer de nouveaux secteurs d'activité moins soumis à la concurrence pour créer de nouveaux emplois, par exemple l'essor constaté des services aux collectivités et aux personnes et/ou réduire encore le temps de travail moyen (mais sans doute avec une baisse du pouvoir d'achat moyen)
    Pour que ces nouveaux secteurs se développent il faut
    • une demande, d'où une évolution des mentalités et des habitudes
    • une offre basée sur des conditions "décentes": ces nouveaux emplois ne doivent pas seulement être des "sous emplois"
Rappelez vous ma maxime "La vérité est dure mais c'est la vérité". Les sociétés évoluées n'ont pas le choix: elles sont condamnées à apprendre à vivre "harmonieusement" avec une croissance faible (ou même une réduction) des biens physiques.

Dans notre prochain billet je vous parlerai un peu plus des changements de comportement qu'impliquerait un changement de nos modes de vie. je vais m'arrêter ici pour aujourd'hui mais vous invite néanmoins à parcourir les 3 post-scriptums.

Vous pouvez arrêter la lecture de ce blog et reprendre vos activité habituelles. Ciao, bonsoir.


P.S.1: Je dois dire que j'ai trouvé beaucoup d'articles politiques qui évoquent le retour à la croissance pour résoudre les problèmes mais aucun qui donne des arguments pour montrer que cette croissance est possible et soutenable sur le long terme (pour l'ensemble des humains de la terre car on ne peut plus raisonner complètement en autarcie au niveau d'un pays ou même d'un continent).

P.S.2: Dans les années 1970, le club de Rome avait alerté l'opinion avec son "Halte à la croissance". Leur étude avait sous estimé les capacités de développement, d'imagination et de progrès de l'être humain et de nos sociétés et donc la croissance a pu encore se poursuivre depuis 40 ans. Mais on va bien finir par atteindre les limites... .

P.S.3: Je sens que mes réflexions sur une "société plus harmonieuse" sont en train de me faire évoluer fortement dans mes modes de pensées et mes convictions. Je vous en parlerai bientôt.


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